L’histoire d’Agen d’Aveyron est très liée à celle du monastère Saint-Sernin-sous-Rodez. Ce monastère de femmes fut fondé au IX ème siècle. Agen d’Aveyron en est une très ancienne possession.

LE BLASON

« De sinople à une crosse d'évêque accompagnée à dextre d'un léopard lionné contourné et à sénestre d'un chêne arraché, tous d'or ; au mantel ondé d'argent chargé d'une croix cléchée d'or, pommetée de douze pièces de sable, accompagnée de deux gerbes de blé de sable ».

  • Le léopard lionné est l'emblème des Narbonne co-seigneurs d'Agen avec les Hérail de Buzareingues jusqu'au XVeme siècle.
  • La crosse est le symbole de l'autorité seigneuriale exercée, jusqu'à la révolution, par l'abbesse du monastère Saint-Sernin-sous-Rodez, seigneur d'Agen.
  • Le chêne représente la forêt de Palanges.
  • Les fagots plats (fais) étaient confectionnés par les habitants d'Agen (les faisseliers) pour chauffer les fours à pain de Rodez et des environs.
  • La Croix Occitane (ou de Languedoc) était l'emblème des comtes de Toulouse et du Rouergue.
  • Le sinople et l'engrelé du mantelé évoquent la frondaison de la forêt de Palanges.

SI AGEN M’ETAIT CONTE…

Agen d'Aveyron tire son nom d'une racine celtique AGINNO (petite hauteur). Les peuples indo-européens qui occupèrent notre pays il y a 4 000 ans nous ont légué le Dolmen de Chibournière et les poteries de la grotte de Rieutord.

De l'occupation romaine, date les tuileries des Tapies et les fours à chaux, ainsi que les mines de charbon de Sansac qui ne furent vraiment exploitées de façon intensive qu'au 16ème siècle.

Du 12ème au 15ème siècle, les Narbonne furent Seigneur d'Agen, puis les Hérail de Buzareingne qui vendirent la seigneurie à l'abbaye St Sernin du Monastère sous Rodez. L'abbesse du Monastère devint alors Seigneur d'Agen jusqu'à la révolution de 1789 prélevant les impôts et rendant la justice.

La tour de l'Abbaye trône toujours au milieu du bourg. L'abbaye crée la grange de Palangeoles et exploite les ardoisières voisines pour la couverture de la cathédrale de Rodez vers 1 500.

En 1173, l’évêque Hugues donne l’Eglise St Julien à la communauté d’Agen. L’édifice actuel fut remanié au 15ème et 16ème siècle.

A cette époque, la léproserie de St Lazare avait été rattachée au diocèse de Clermont d’Auvergne. Il nous reste une petite chapelle romane en corbeau du 12ème siècle.

Le 12ème siècle est l’âge d’or de la langue occitane véhiculée par les troubadours qui jettent les bases de la civilisation européenne. Daudé de Prades, troubadour local très influent à la cour des comtes de Rodez, participera activement à cette aventure.

Au 14ème siècle, la grotte des Demoiselles à Caylus rappelle l’épisode tragique des grandes pestes du Moyen Age. Durant la guerre de Cent Ans, les Routiers s’installèrent dans les palanges et ravagèrent la région. Pour protéger les populations on fortifia les Eglises (Ex : Inières , Ste Radegonde ).
Pour soulager la misère, l’Abbesse du Monastère donna en 1600, 700 hectares de terres aux habitants de la communauté d’Agen pour qu’ils puissent améliorer l’ordinaire.

En 1766, l’Abbé Antoine Izarn, curé du lieu, créa une manufacture de tissage pour donner du travail aux jeunes filles pauvres de la paroisse. Antoine Izarn, prêtre réfractaire, fut déporté au fort de Hà où il mourut sans abjurer sa foi.

Du Moyen Age au 19ème siècle, Agen connut une activité industrielle liée à la foret des Palanges : coupes de bois de taillis de chêne, fagots d’écorce pour l’extraction du tanin servant à l’approvisionnement des tanneries de Rodez,et confection de fagots « los faisses » fait pas les Faisseliers pour chauffer les fours des boulangers de Rodez et des environs.

Au 19ème siècle, Agen s’enorgueillit de ses gloires locales :

  • Le sculpteur Marc Robert auteur du monument Fançois Fabié à Rodez ;
  • Le poète occitan Pierre Vernhet qui brosse un tableau de la vie rurale d’Agen au 19ème siècle. ;
  • Le général Pierre Cussac qui participa aux guerres coloniales de la Illème République.

ET SI JE ME PROMENAIS...

Place de l'église

L’église Saint Julien trône fièrement sur les hauteurs du bourg. Avant de quitter la place, saurez-vous retrouver les trois visages qui ornent ce monument ?

Place de l'église
Place de l'église

Place du Telh

En continuant sur le chemin du Telh qui longe l’église, vous arriverez sur la place du Telh. Celle-ci constitue un merveilleux mirador sur la basse vallée du Laval. Vous pourrez admirer le magnifique point de vue et la tour circulaire de grès et de calcaire. Cette tour certainement l’unique vestige du château d’Agen, appartenait au comte de Rodez.

Place du Telh
Place du Telh

Le lavoir

En parcourant les ruelles étroites du village, vous découvrirez un petit peu plus loin, la tour de l'ancienne Abbaye qui veille sur la vallée. En descendant le « Caminol de l'Abadia », tout en bas, vous serez séduit par l'eau rafraîchissante du vieux lavoir où s'affairaient autrefois les lavandières. Alimenté par des sources généreuses, il subvient aujourd’hui aux besoins en eau des agriculteurs et jardiniers du village.

Le lavoir
Le lavoir

La fontaine

En vous retournant, à mi hauteur, à flan de falaise, vous apercevrez alors la statuette de Sainte Germaine de Pibrac et une fontaine. Autrefois, la grotte étroite d’où jaillissait l’eau voyait patauger ensemble les habitants et les bestiaux. Vers 1860, cette grotte fut murée et trois canelles installées pour séparer l’abreuvoir des bêtes de celui des hommes. Pourtant, tout le monde savait que l’eau n’était pas potable.

La fontaine
La fontaine